mardi, 24 avril 2007

Ma première analyse des résultats sur Marseille

Je ne vais pas analyser les résultats de l’élection présidentielle sur le plan national puisque tout a été dit; je me contenterai de commenter les résultats sur Marseille. Comme à chaque élection ma soirée électorale a débuté au siège de campagne de Sylvie Andrieux, députée de la 7ème circonscription de Marseille puis s’est poursuivie jusqu’à deux heures du matin à l’hôtel de ville où j’ai été récolter les résultats de l’ensemble des arrondissements de Marseille. Aux côtés des militants du 14ème arrondissement de Marseille, j’ai rapidement compris dès l’arrivée des premiers résultats que le Front National s’était effondré au profit de Sarkozy. En effet, dans de nombreux bureaux de vote où Le Pen faisait en 2002 30% des voix et Chirac 15%, les scores ont été inversés quasiment à la virgule près entre le FN et l'UMP. Dans les cités populaires des quartiers Nord, la mobilisation citoyenne a par contre été très favorable à Ségolène Royal avec des scores dépassant très souvent les 45% et allant jusqu’à 65% ! J’avoue ne pas avoir perçu ce transfert de voix massif entre le FN et l’UMP dans les arrondissements où je suis élu. J’étais en revanche certain, comme je l’ai écrit à plusieurs reprises sur mon blog, que les cités voteraient des deux mains contre Sarkozy. Marseille a, dimanche soir, placé Sarkozy en tête dans 10 arrondissements sur 16 et Royal dans 6 arrondissements. J’avoue avoir été surpris de constater que le 13ème arrondissement, historiquement à gauche, avait donné un avantage de 1800 voix à Sarkozy sur Ségolène Royal. J’ai voulu creuser un peu l’analyse de ces résultats en regardant de près bureau de vote par bureau de vote et, hormis le fait déjà évoqué du basculement d’un électorat FN vers Sarkozy, je me suis aperçu que la partie du 13ème arrondissement ouverte à une urbanisation massive ces dernières années (secteur de Château-Gombert, La Croix-Rouge, Les Olives, Les Martégaux, St Mitre) avait donné 2200 voix d’avance à Sarkozy sur un périmètre représentant environ 1/3 de l’arrondissement. J’ai noté également dans les 15ème et 16ème arrondissements de Marseille dont la mairie de secteur est détenue par le député communiste, Frédéric Dutoit, l’effondrement du PC au profit du PS : 4, 48 % et 6,35 % dans ces deux arrondissements pour Buffet et 36,51et 33,28 % pour Royal. Le candidat PS qui aura l’investiture dans la 4ème circonscription de Marseille, qui contient également le 3ème arrondissement (Royal : 39,57 % et Buffet 3,29 %), sera vraisemblablement élu député. A noter également qu’une simulation sur la 3ème circonscription de Marseille donne Royal et Sarkozy au coude à coude, ce qui peu laisser de bons espoirs à Patrick Mennucci, candidat PS, d’arracher à Roatta, le sortant UMP, son siège de député. A Gaudin et à ses adjoints qui se sont réjouis, dans les couloirs de l’hôtel de ville, le soir des résultats, de l’ampleur du score de Sarkozy à Marseille dans la perspective des prochaines élections municipales, j’ai envie de leur dire : beaucoup de Marseillais ont voté massivement pour Sarkozy car ils ont considéré celui-ci comme avant tout le candidat de l’extrême droite et le successeur de Le Pen. Se glorifier de cela n’est pas à l’honneur du premier magistrat de Marseille.

mercredi, 18 avril 2007

Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux

En recherchant des sondages sur des sites belges et suisses (je n'en ai pas trouvés), j'ai été stupéfait de lire la prise de position d'un des plus grands quotidiens belges, "Le Soir" sur l'élection présidentielle française; Voici l'éditorial de ce quotidien, signé Joëlle Meskens : Jusque-là, nous ne l'avions pas écrit. Parce qu'il demeure exceptionnel que Le Soir prenne position dans une élection, comme il l'avait fait pour soutenir John Kerry face à George Bush aux Etats-Unis. Cette fois pourtant, on ne peut plus rester sans le dire. Oui, Nicolas Sarkozy est dangereux. Parce que le candidat de l'UMP à l'Elysée a franchi la ligne rouge. Ses propos sur le caractère inné de la pédophilie ou de la tendance suicidaire bouleversent tous les principes de l'humanisme. La société ne servirait donc à rien ? A quoi bon alors l'éducation, la famille, l'amour, l'apprentissage de la tolérance, si le seul destin décide de faire d'un homme un héros ou un monstre ? Ses propos sur l'Allemagne, prédisposée à s'abandonner au nazisme, sont tout aussi écoeurants. Et que dire de cette phrase, entendue en meeting : « La France n'a pas à rougir de son Histoire. Elle n'a pas inventé la solution finale. » Aurait-il oublié que la France a collaboré ? Que Vichy a livré des Juifs aux nazis ? Jacques Chirac a beaucoup de torts. Mais il a eu ce courage, lui, de reconnaître la responsabilité de l'Etat français pour la collaboration. Ce virage complète chez Nicolas Sarkozy une posture résolument populiste. Combien de fois, lorsqu'il était à l'Intérieur, n'a-t-il pas accusé les juges de ne pas en faire assez, violant ouvertement la séparation des pouvoirs ? Sa mainmise sur les médias ne laisse pas d'inquiéter, elle aussi, obtenant ici le limogeage d'un directeur dérangeant, discutant là de l'embauche d'un journaliste chargé de couvrir l'UMP. Et que dire de ses déplacements de campagne ? Non seulement il ne peut plus se rendre en banlieue, là où Jean-Marie Le Pen se promène désormais, mais même dans des quartiers moins chauds comme la semaine dernière à la Croix-Rousse à Lyon, il doit reculer par crainte des manifestants. « Prendre des voix au Front national, est-ce mal ? », interroge Nicolas Sarkozy. Non, bien sûr, au contraire. Mais à condition de ne pas séduire ses électeurs avec les mêmes mots. Au soir du premier tour, le candidat de l'UMP se félicitera peut-être d'avoir asséché le terreau électoral de Jean-Marie Le Pen. Mais à quel prix ? Celui, affolant, d'une lepénisation des esprits.

mercredi, 04 avril 2007

Présidentielles 2007 : mon pronostic pour le 1er tour

Plus l’échéance approche, plus les instituts de sondages sont censés affiner les tendances : le match Royal-Sarkozy apparait donc le plus probable selon eux
Je pense cependant que dans la dernière ligne droite les « petits candidats » vont grignoter quelques points, notamment sur Ségolène Royal, du fait qu’ils auront le même temps de parole que les « grands candidats ». De même, je persiste à croire que Le Pen est, comme d’habitude, sous-évalué et qu’il va prendre quelques points à Sarkozy. Je crois toujours que Bayrou, va se maintenir à un score élevé et qu’il sera l’arbitre du second tour, ou tout au moins ses électeurs…au même titre qu’un débat télévisé Royal – Sarkozy . Aussi, pour la dernière fois avant le 1er tour je livre mon pronostic : - Nihous : 2 % - Shivardi : 0,5 % - Voynet : 2 % - Villiers : 2 % - Bové : 2 % - Laguillet : 3% - Buffet : 3 % - Besancenot : 4 % - Le Pen : 16, 5 % - Bayrou : 19 % - Sarkozy : 23 % - Royal : 23 % Rapport de force : droite-extrême droite-chasseurs par rapport à gauche-extrême gauche : 43,5 % contre 37,5 % : Même si je me trompe de quelques points sur un ou plusieurs candidats, j’en reviens toujours à la même conclusion : les électeurs de Bayrou auront la clé du second tour.

lundi, 26 février 2007

Que peut apporter Jospin à Ségolène Royal ?

Si cette question taraude les médias depuis quelques jours, je peux vous assurer que les électeurs des quartiers Nord de Marseille sont à des années-lumière de ces préoccupations.
Pour avoir arpenté ce week-end, avec des dizaines de militants socialistes, les cages d’escalier des cités HLM des 13° et 14° arrondissements, sur les centaines de personnes croisées lors de distributions de tracts en porte à porte , pas une seule n’a abordé le retour de Jospin dans la campagne électorale. A signaler également que si quelques personnes ont avoué du bout des lèvres leur soutien à Le Pen, pas une seule ne nous a parlé de Sarkozy. Autant dire que l’image de Ségolène Royal est très bonne dans les cités populaires de Marseille. Quant au retour de Jospin en première ligne de la campagne électorale, de mon point vue, il peut permettre, au même titre que DSK, de faire revenir au bercail des électeurs socialistes égarés dans les bras de Bayrou. Comme dirait Sarkozy, cette campagne je commence à bien la sentir dans 13° et 14° arrondissements de Marseille.

dimanche, 18 février 2007

Présidentielles 2007 : resserrement des positions en vue ?

Plus de deux mois que je ne me suis pas livré à mon petit jeu de politique fiction.
Je suis assez ennuyé car comment prendre de la distance et essayer d’avoir un commentaire objectif quand on est intoxiqué toute la journée par des sondages qui nous ont déjà donné le nom du vainqueur. Cependant, je me refuse à avoir la langue de bois et livre mes impressions d’élu de terrain de quartiers populaires de Marseille. Je commence à avoir le sentiment que les meilleurs scores du PS seront réalisés dans les villes ou des secteurs où vivent principalement les classes moyennes supérieures et les cadres supérieurs et non pas dans les quartiers populaires où le vote pourrait être partagé entre Royal, Le Pen et Sarkozy. De même, pas un jour où je ne croise une personne m’indiquant avoir toujours voté à gauche et que cette fois elle votera Bayrou car il lui semble être le candidat le plus intellectuellement honnête ou tout simplement un choix par défaut. Je crois aussi que Le Pen est sous-estimé dans les sondages et que la fameuse phrase , « les électeurs préféreront l’original à la copie », est toujours d’actualité. Aussi, je me jette une nouvelle fois à l’eau en pronostiquant pour le 1er tour des présidentielles un resserrement des positions des 4 grands candidats : - Sarkozy : 25 % - Royal : 25 % - Le Pen : 18 % - Bayrou : 18 % Les petits candidats se disputeront les miettes des 14 % restants avec 10% environ pour les autres candidats de gauche et d’extrême gauche. Si un tel score devait se produire, seul un appel à voter Royal de la part de Bayrou et un mot d’ordre dans tout le pays, Tout sauf Sarkozy, pourrait empêcher l’élection du numéro 1 de l’UMP. Je rappelle qu'il ne s'agit que de...politique fiction et que mon souhait le plus cher serait d'avoir la candidate socialiste caracoler loin devant Sarkozy au 1er tour.

jeudi, 15 février 2007

Et si Le Pen ne pouvait pas être candidat ?

A force de nous expliquer à chaque nouvelle élection présidentielle qu’il n’arrive pas récolter les fameuses 500 signatures, Le Pen pourrait cette fois-ci, pour de bon, être exclu de l’élection présidentielle. Dans le cas de figure où Le Pen ne serait pas candidat, que fera son électorat : choisira t-il Villers comme candidat de substitution ou votera t-il majoritairement Sarkozy qui a tout fait ces derniers mois pour s’approprier la rhétorique et les propositions du leader du Front National ? A moins que l’électorat protestataire qui se défoule à chaque élection en votant Le Pen ne considère Bayrou comme le nouveau candidat anti-système ? Pour ma part, je pense que le vote FN se reportera comme un seul homme sur Sarkozy quelles que soient les consignes que pourrait donner Le Pen. Dans ce cas de figure, un Sarkozy à plus de 40% au premier tour sera difficilement battable. Cette quête de signatures auprès des maires des communes les reculées du pays pour participer à l’élection présidentielle est quand même pathétique et une profonde réforme institutionnelle s’impose.